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Montréal, une ville à taille humaine

Posted by admin on octobre 21, 2013
Amérique du Nord, Montréal / No Comments

Le Canada attire de plus en plus de Français. Louis nous en dit plus sur sa récente expatriation à Montréal.

Qu’est ce qui t’a motivé à partir à Montréal ?

Depuis tout petit, je me suis intéressé à l’histoire de l’Amérique. Cela m’a amené à me renseigner naturellement sur le Québec.

Et puis un jour je suis parti revoir un ami à Montréal, on a fait un tour qui nous a mené à Ottawa, Toronto, à New York, mais aussi le nord sauvage du Québec, dans ces endroits où l’homme n’a tracé que de petits chemins dans une nature encore sauvage. J’en suis revenu enivré d’un sentiment de liberté, d’espace, et de simplicité. J’ai beaucoup apprécié aussi de voir des villes aussi multiculturelles, avec des quartiers propres à chaque communauté, très vivants !

Enfin, repartir à l’étranger me trottait par ailleurs dans la tête depuis des années et un échange universitaire en Espagne. C’était pour moi une évidence que je repartirai découvrir un autre pays, depuis l’instant où l’avion qui me ramenait de là-bas, avait posé ses roues sur le tarmac.

 

montreal

©beltour.ca

Peux tu résumer en 3 mots ce que tu aimes le plus ici ?

Liberté, Simplicité, Espace.

Avais tu déjà vécu à l’étranger avant ? Qu’est ce que tu as le plus apprécié dans chacune de ces expériences ?

Oui, au Pays de Galles et à Barcelone.

Au Pays des Galles, dans la petite ville où j’étais, j’ai apprécié l’idée d’avoir atterri au bout du monde après 10 heures de bus, et de devoir me débrouiller avec une adresse et mon anglais baragouiné pour trouver mon chemin au milieu d’une ville que je ne connaissais pas du tout.

A Barcelone, j’ai aimé le fait d’être mélangé avec différentes cultures, le fait de devoir remettre en cause tous ses repères dans une ville d’une autre culture, en vivant avec des gens d’un peu partout, de prendre du recul sur sa propre culture, et le fait de vivre dans une autre langue.

Quels sont les endroits que tu recommandes à voir ou les choses à faire absolument à Montréal et aux alentours ?

Une balade au Mont-Royal bien sûr, et puis la vue sur le belvédère !
Le Vieux-Montréal également. Le Marché Atwater avec balade le long du Canal Lachine ou le Marché Jean Talon.

Sinon, Montréal est une ville de quartiers, avec des ambiances très différentes de l’un à l’autre. Je conseillerais par exemple de se promener dans le quartier du Plateau et de Mile End (le coin des hipsters), où il y a toujours un petit détail à remarquer, les couleurs, les ambiances… C’est un vrai plaisir de flâner dans les rues !

Aux alentours : la Ville de Québec, les Cantons de l’Est ou les Laurentides : en été pour les randos, en hiver pour les sports d’hiver, les spas et chalets.

laurentides_bord_lac4

©canada.guillaumevoisin.fr

Un endroit à recommander pour goûter les spécialités locales ?

Allons-y pour les classiques…

Une poutine : la Banquise. L’endroit est recommandé dans tous les guides, donc c’est rempli de touristes mais j’aime bien, attention à la queue à certaines heures.
Une smoked meat : chez Schwartz
Un bon cheese cake : au Café Expression par exemple. Ne pas revenir d’Amérique du Nord sans avoir goûté au moins un cheese cake 😉
Une bière locale : Bar Dieu du Ciel, sans aucune hésitation. Ils ont globalement beaucoup de très bonnes microbrasseries.
Un bagel : Boulangerie Fairmount Bagel

Un brunch: Il faut absolument profiter de la tradition des brunchs le week-end notamment. Il y en a pour tous les goûts, et ça peut vite changer donc le mieux est par exemple d’aller sur les 2 blogs suivants :
http://www.montrealbreakfastreview.com/
http://www.uneparisienneamontreal.com/

©labanquise.com

©labanquise.com

 

Quel conseil donnerais tu à un Français qui souhaite venir travailler ici ?

  • En premier lieu : déjà se renseigner et venir faire un tour avant pour voir si on aime l’ambiance. Le Québec, ce n’est pas la France en Amérique, c’est l’Amérique francophone. Posez-vous vraiment la question de savoir si vous êtes attiré par quelque chose ici ou si vous fuyez surtout une situation, car lorsque vous allez entrer dans la période de doute inhérente à toute immigration, il est important de pouvoir se raccrocher à des raisons tangibles de continuer l’aventure.
  • Par ailleurs, il existe plusieurs types de visa, temporaire ouvert avec les permis vacances-travail ou des visas fermés associés à une offre d’emploi. Enfin les visas de résidence permanente, qui permettent de changer de travail comme on veut et de rester sur le territoire sans limitation. Cela évolue souvent (procédures, délais etc.), donc il faut se renseigner sur internet.
©cityvisas.com

©cityvisas.com

  • Il est également très important de faire du réseautage pour trouver un travail, 80% des offres d’emplois sont en effet « cachées ».  Au commencement, il se peut qu’on doive accepter un premier poste en dessous de ses qualifications, car souvent on vous demandera souvent une expérience québecoise. Personne ne vous le reprochera, au contraire !
    D’un autre côté, on donne beaucoup plus facilement sa chance qu’en France. Par conséquent, à condition de savoir se vendre et d’être prêt à s’adapter, vous pourrez obtenir des postes et des responsabilités beaucoup plus rapidement. N’ayez pas peur de vous reconvertir éventuellement. J’ai rencontré un français sorti d’un CAP chaudronnerie qui fait de la massothérapie, un autre ingénieur informaticien parti élever des chiens de traîneau…
  • Un projet d’immigration nécessite aussi de mettre de l’argent de côté pour pouvoir s’installer correctement. On peut gagner bien plus ici, mais la vie dans l’ensemble est plus chère d’un autre côté, au moins dans les grandes villes. Donc sans travail au départ, ça part très vite.

 

Qu’est ce qui te manque le plus de France ?

– la gastronomie française à la fois traditionnelle et innovante, simple ou complexe, mais qualitative… et saine. Quand il y a une défaillance, c’est une affaire d’État et on en parle au JT. So French ! :).
– l’efficacité, le coût et la disponibilité du système de santé
– la qualité et quantité des réseaux de transport, des infrastructures en général
– le patrimoine, tous ces villages avec une vieille pierre qui ont une histoire à raconter
– l’art de la discussion à la française
– la famille, mais grâce à Skype sur la télé on arrive à garder un lien régulier.

©lou.tableetambiance.fr

©lou.tableetambiance.fr

Qu’est ce qui te manque le moins ?

– l’ambiance morose, le manque de confiance en soi du pays, de connaissance et valorisation de ses forces. La France est belle de plein de qualités mais on dirait que les gens ne se concentrent que sur les défauts.
– le manque de considération envers les jeunes, envers les femmes, envers la diversité du pays en général, et de toute cette énergie et ambitions potentielles gâchées par un discours démotivant d’infantilisation, excessivement paternaliste.
– les politiques françaises totalement dépassées sur le plan économique, les non-réformes, les mêmes recettes qui ne marchent pas depuis maintenant 30 ou 40 ans, de droite comme de gauche… Et si la solution était de simplifier plutôt que de compliquer, de faire confiance plutôt que de vouloir tout contrôler tout le temps ?…
– les clichés sur le libéralisme, le rapport coupable à l’argent

– le présentéisme au travail, la culpabilisation, plutôt que la valorisation de l’efficacité.

Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France, de tenter un autre pays ?

Montréal est vraiment une ville agréable à vivre, j’ai 2 à 3 fois moins de vacances, mais j’ai parfois l’impression que ce sont les vacances tous les jours. Donc pas d’envie de rentrer en France pour l’instant, même si j’adore mon pays d’origine pour beaucoup de choses.

La résidence permanente (en cours), la citoyenneté on y pense sérieusement. Par ailleurs, quand on a goûté à la liberté d’aller et venir sur cette bonne vieille Terre, difficile d’envisager de s’arrêter en si bon chemin. Donc peut-être aller vers l’Ouest ou au sud en fonction de l’évolution de la situation, du visa, ou alors pourquoi pas changer de pays à nouveau, toutes les options restent ouvertes.

Un second projet en parallèle est de créer une entreprise. J’ai actuellement réalisé le premier rêve qui était de repartir à l’étranger, et je travaille actuellement sur le second. Je me sens à l’aise pour le faire ici.

Peut-être un retour en Europe après ça mais je ne veux plus avoir à faire le choix cornélien parisien entre distance, coût et taille du logement et vie sociale. Donc en fait… je pense que c’est pas gagné !!

Globalement, je trouve formidable qu’il soit aussi facile aujourd’hui de s’immerger dans d’autres cultures, voir les choses sous une autre perspective, et c’est ça qui m’attire aussi dans l’expatriation. On voit aussi notre pays d’origine avec bien plus de clarté, avec ses forces et ses faiblesses. Je me sens habitant de cette bonne vieille Terre, avec une culture européenne, et fier de cette dernière, et heureux de vivre sur un continent où des gens du monde entier viennent ainsi tenter leur chance.

©linternaute.com

©linternaute.com

Quelque chose qui t’a particulièrement surpris dans le pays ?

Le climat avec des saisons très marquées: en été c’est la Côte d’Azur, en hiver c’est la Sibérie. Le printemps existe à peine et l’automne est une saison incroyable, des couleurs magnifiques. A noter que, malgré les températures affichées, l’hiver est très supportable jusqu’à -15 . Ce n’est pas vraiment le froid qui pose problème mais la durée de certains hivers.

Les femmes sont très affirmées et décident à peu prêt de tout dans le foyer, c’est une société très féministe, gare aux gros lourds et aux machos !

 

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